samedi 30 juin 2012

Le Roi du Baião aurait 100 ans


Luiz Gonzaga, artiste emblématique du Nordeste



En cette période de fêtes de la Saint-Jean et de la Saint-Pierre, de loin les plus populares du Brésil, nous ne pouvions pas passer à côté d’un des artistes les plus importants de la musique populaire brésilienne. Les mois de juin et de juillet amènent avec eux les pluies, les plats et autres gâteries sucrées à base de maïs, mais aussi le Forró. Ce dernier est l’unique style musical retentissant dans chaque demeure brésilienne en ce début d’hiver.

Et cette année, il prend une dimension particulière puisque le Brésil célèbre le centenaire de la naissance d’un artiste emblématique : Luiz Gonzaga. Né en 1912 dans l’arrière-pays du Pernambouc, le « roi du Baião » devient dès la fin des années 40 le représentant du Forró et le défenseur de la culture du Nordeste qui l’a vu naître. Contant la tristesse des paysans acculés par la sécheresse, la douleur des pauvres immigrant pour une vie meilleure, la joie du peuple quand viennent les fêtes et les récoltes fructueuses, son oeuvre s’écoute comme on lit un livre. Affublé d’un déguisement rappelant celui du célèbre bandit Lampião, il a chanté l’histoire et le folclore de toute une région devenant l’idole des nordestinos et l’artiste bien aimé du pays tout entier. Légèrement éclipsée par la Bossa-Nova qui débarque à partir des années 60, sa musique est restée dans le coeur du Brésilien quelque soit son origine ou sa classe. 

Pour vous quelques chansons du maître du Forró, j’ai nommé Monsieur Luiz Gonzaga. 



 Les paroles de la chanson Asa Branca, véritable hymne du Nordeste

Quand j'ai vu la terre ardente
Comme un feu de la Saint Jean
J'ai demandé à Dieu du ciel, hé
Pourquoi une telle trahison

Quel brasier, quelle fournaise
Pas une seule plantation ne subsiste
Par manque d'eau, j'ai perdu mon troupeau
Mon cheval est mort de soif

Même l'aile blanche
S'est enfuie du sertão
Alors j'ai dit adieu Rosinha
Garde mon coeur avec toi

Aujourd'hui, à des lieues de là
Dans une triste solitude
J'attends que la pluie tombe de nouveau
Pour retourner dans mon sertão

Quand le vert de tes yeux
Se répandra dans les plantations
Je t'assure, ne pleure pas, d'accord
Car je reviendrai, tu vois
Mon coeur


mercredi 20 juin 2012

Le Nordeste est à sec


La sécheresse touche le Nordeste (photo : João Roberto Ripper)  

De mars à mai, les précipitations dans le Nordeste ont été largement inférieures à la normale saisonnière. Si le littoral retrouve depuis peu la pluie, les campagnes offrent toujours le même spectacle de désolation. La terre asséchée craquelle sous les sabots d’un bétail chaque jour plus maigrelet, les cultures poussent difficilement et, parfois, brûlent sur pied. La situation du sertão est critique puisque le gouvernement annonce des pertes abyssales de plusieurs milliards de reais pour le secteur agricole et l’ensemble de l’économie régionale.
Le manque d’eau de pluie ces derniers mois a obligé les autorités brésiliennes à intervenir. En visite à Aracaju début mai, Dilma Rousseff s’est entretenue avec les gouverneurs des neuf états du Nordeste. Prenant conscience de l’ampleur du problème, le gouvernement fédéral a débloqué une enveloppe de près d’un milliard de reais. A ce fonds d’urgence s’ajoute une promesse d’investissements de 2,5 milliards de reais pour prévenir des dégâts de la sécheresse. Une somme qui vise à aider les 595 villes nordestinas et les quelques trois millions de personnes situées dans la zone placée sous état d’urgence.
Pour soulager les populations, les files de camions-citernes se joignent aux machines de forage. A Bahia, par exemple, le gouvernement a lancé la construction de 2400 puits. La mise en place d’infrastructures s’accompagne de mesures de dédommagement des personnes les plus touchées par la sécheresse. C’est le cas des agriculteurs. Le 12 juin, la ministre des relations institutionnelles, Ideli Salvatti, a annoncé la renégociation des dettes de 231 000 cultivateurs et éleveurs acculés par le manque d’eau en plus d’une aide mensuelle de 136 reais par le biais du programme Safra pour ceux dont les semences ne sont pas sorties de terre. Les pertes subies par les paysans de l’intérieur se répercutent sur l’économie nationale. Selon une récente déclaration du ministre de l’intégration nationale Fernando Bezerra à la Chambre des Députés, « le Nordeste subit des pertes agricoles sévères et on peut déjà affirmer qu’elles s’élèvent à 12 milliards de reais ».
Interrogée cette semaine dans le programme de la radio EBC « Café com a Presidenta », Dilma Rousseff a exprimé son inquiétude devant « la plus grande sécheresse depuis des décennies » tout en affirmant que « le gouvernement ne laissera pas le Nordeste perdre les conquêtes accumulées ». Selon elle, la région est « nettement mieux préparée » à affronter le manque d’eau rappelant les investissements consentis ces dernières années et les programmes d’aides sociales déjà mis en place et à venir au Brésil.
Une absence de pluies pour plusieurs mois
Selon Overland Amaral, coordinateur du centre de météorologie de l’Etat de Sergipe, la région fait « face à un manque de stabilité des températures ce qui rend presque impossible la formation de masse nuageuse ». L’air trop froid dans l’Atlantique Sud ne permettrait pas l’apparition de nuages nécessaire pour produire des pluies. Ce constat pourrait se perpétuer au moins jusqu’au mois d’août, pour les plus optimistes, voire février 2013.

La sécheresse est presque banale dans le Nordeste. Mais le spécialiste s’inquiète de « l’arrivée de phénomènes extrêmes ». « Ce manque d’eau prolongé ponctué par des pluies de forte intensité mais de courte durée est déconcertant. Et la tendance est à l’aggravation » confie l’expert, anxieux. Et les prévisions ne rassurent ni les autorités ni les habitants des zones sinistrées. Travaillant en collaboration, tous les observatoires météorologiques du Nordeste s’accordent sur un point : la sécheresse pourrait se poursuivre pour plusieurs mois. « On atteint un niveau historique, même les pluies annoncées ne seront pas suffisantes » explique Overland Amaral.
Overland Amaral s'inquiète de l'arrivée de "phénomènes extrêmes" dans la région (Photo  : Gauthier Berthélémy) 
Lui-même agriculteur, le météorologue est bien placé pour parler du problème. « Les gens sont obligés de quitter les campagnes pour rejoindre les villes. Là, il y a des emplois et, surtout, des infrastructures » témoigne le scientifique ajoutant qu’aujourd ’hui « la population doit adopter de nouveaux comportements ». Selon lui, l’une des solutions serait la plantation de palma, un arbre dont les racines puisent dans le sol l’eau et ainsi irriguent naturellement les terres à cultiver. « Les pertes matérielles, financières et humaines sont importantes. Partout dans le Nordeste, les gens sont entrés en résistance » conclut Overland Amaral.
Gauthier Berthélémy 
(Texte publié sur le  site Autres Brésils)

samedi 9 juin 2012

Raul Seixas, folie romantique et rock'n rollesque


Quasi inconnu en France, véritable icône au Brésil, Raul Seixas a été l'un des artistes  emblématiques du rock brésilien. Retour sur la carrière prolifique du Maluco Beleza, sujet d'un excellent documentaire « Raul Seixas, o inicio, o fim e o meio » de Walter Carvalho, sorti en mai dans les salles obscures brésiliennes.

Raul Seixas, le "Maluco Beleza"


Elancé comme une Gibson ES-335, l'un de ses instruments fétiches, le visage fin, les yeux coincés entre une crinière folle et une barbe fleurie, il ressemblait étrangement à notre Antoine. Mais contrairement à celui qui se recycla dans la carte postale et l'optique, Raul Seixas n'a jamais abandonné le rock'n roll. Comment aurait-il pu, puisque c'est lui-même qu'il l'a introduit au pays de la Samba. On ne reçoit pas le surnom de « Père du rock brésilien » sans aucune raison, n'est-ce-pas ?

La fièvre le prend dès le plus jeune âge, lorsqu'il se passe en boucle, avec sa bande d'amis, les meilleurs passages d'Elvis Presley dans Kid Creole. A 14 ans, Raul connait déjà par cœur toutes les chansons et s'amuse à imiter son idole devant le miroir de sa chambrette, dans la maison familiale de Salvador, à Bahia. Bercé au son du Baião, ce nordestino pur souche a toujours rêvé de swing à l'américaine. Petit à petit, Raul Seixas prend ses marques dans cet univers musical et au fil des rencontres forme, en 1964, un groupe qui ébranle la toute récente scène rock de Salvador, Os Panteras. Après son mariage avec la fille d'un pasteur protestant américain, Raul et sa bande s'envolent pour Rio de Janeiro et prennent le nom de Raulzito e os Panteras. Là, ils signent un contrat, enregistrent un premier disque, mais le succès n'est pas au rendez-vous.

De retour à Salvador, Raul sombre dans la dépression. S'alimentant de lectures philosophiques et de musique, il rédige dans des petits carnets les fragments de son futur succès. Ce dernier commence avec la rencontre d'un producteur de la CBS qui lui propose un poste. C'est alors que le rocker reprend la route de Rio de Janeiro. Durant ce second séjour dans la « ville merveilleuse », il se fait des contacts, écrit, compose et bientôt ses amis lui conseillent de s'inscrire au Festival Internacional da Canção, en 1972. Il y inscrit deux chansons. Les deux sont en finale. Le succès ouvre enfin ses portes.



L'année suivante, il enregistre son premier disque solo « Krigh-la, Bandolo ! » qui contient de véritables bombes musicales comme Metamorfose ambulante, Mosca na Sopa ou Al Capone.



 La même année, il fait la connaissance de l'écrivain psychédélique Paulo Coelho avec qui il commence à composer et à s'adonner à tout type de drogue. Sa préférence se porte tristement sur la cocaïne qui devient alors sa grande compagne. Entre autres expériences, Raul Seixas et son comparse s'initient à l'occultisme à travers l'oeuvre d'Aleister Crowley, théoricien anglais obscur, le même qui apparaît sur la pochette du Sergent Pepper des Beatles. A partir de ses principes, Raul et Paulo créent la « Sociedade Alternativa », la Société Alternative, dont la règle suprême est « Fais ce que tu veux, tout est la Loi ». Autrement dit, Raul et Paulo lancent un appel à la liberté absolue.



En pleine dictature militaire, le message peine à être agréable aux oreilles des censeurs et le régime s'inquiète de voir qu'il l'est à celles du public. Les deux compères sont arrêtés, torturés et forcés à l'exil. Ils s'envolent alors vers les États-Unis. Là, Raul ne s'arrête pas de créer et sa carrière se poursuit.

De retour au Brésil,  il lance de nouveaux disques et entame une tournée, mais l'alcool et la drogue prennent le dessus sur scène. Plusieurs représentations sont annulées voire même interrompues par les jets de canettes de fans déçus par les piètres prestations du rockeur titubant. Raul se retire peu à peu de l'estrade à partir de 1985.

Ce n'est qu'en 1988 que Raul Seixas renoue avec le public. Invité par Marcelo Nova à faire une apparition lors de ses concerts à Salvador, le roi du rock rattrape la fièvre des planches et accepte de partir en tournée avec son jeune comparse. Au total, il fera 50 concerts. Fatigué, imbibé et ne soignant pas son diabète, il s'éteint le 21 août 1989 dans son appartement de São Paulo. Ce jour-là, Marcelo Nova déclare que Raul Seixas « est mort debout, faisant ce qu'il aimait le plus jusqu'au bout : du rock ».

Avec près de 30 années d'activité, 21 disques et des centaines de concerts, la carrière de Raul Seixas a marqué l'histoire musicale brésilienne. Et son influence ne s'est pas arrêtée avec sa mort puisque plusieurs albums posthumes ont été récompensés et des concerts en hommage à l'artiste ont été organisés. Cette année, le documentaire de Walter Carvalho « Raul Seixas, o inicio, o fim e o meio » retrace d'une manière originale, émouvante et pleine d'humour, l'incroyable carrière du père du rock brésilien. Un prétexte de plus pour se repasser les plus grands titres de Raul Seixas. 

Gauthier Berthélémy

mardi 15 mai 2012

Por que estudar francês? Será que compensa mesmo?


Muita gente pergunta, tenta se convencer do contrário, mas os dados estão aí! Aprender francês é a oportunidade de se comunicar com mais de 200 milhões de pessoas ao redor do mundo. Só na América do Sul são 120 mil francófonos e 200 mil francófonos parciais.

Aprender francês é também um diferencial no currículo. Foto: Internet

Aprender francês é poder visitar 56 países sem se preocupar em aprender vários idiomas. É uma das opções de idioma no ENEM e em vários vestibulares do Brasil. O francês é junto com inglês a única língua presente em todos os continentes. 

Mas é claro que logo você pode pensar "mas com inglês eu falo com muito mais gente". Sim, com certeza, com o espanhol, com o mandarim, com o inglês, com o português... Muitos são os idiomas que nos permite falar com milhares de pessoas, mas por que não investir em mais de um, dois e quem sabe três idiomas?

Para João Dória, de 18 anos, que há dois anos estuda a língua francesa, a vontade de aprender o idioma veio através de um interesse cultural: "queria aprender algumas músicas em francês do Cirque du Soleil, todavia, gosto muito do circo em todo o seu conteúdo", explica. Quando perguntado se gostaria de viver em um país francófono ou realizar um intercâmbio ele ri e diz: "Sim! com todas as exclamações possíveis!"


João Dória em sua primeira viagem à Europa. Foto: Arquivo Pessoal.


Já a professora de francês Adalúcia Aragão explica que a parte cultural é o que mais a interessa “O que mais me atrai no estudo da língua francesa é a herança cultural que a ela é atrelada”. Dentre outras oportunidades, Adalúcia já viajou para países francófonos e pretende se dedicar ainda mais para em breve realizar o exame DELF nível C-1.

Adalúcia Aragão: professora e apaixonada pela cultura francesa. Foto: Arquivo Pessoal

Se interessou em começar a estudar? Vários são os sites, livros, escolas e cursos particulares para quem deseja aprender esse idioma. Existe também a Organização Internacional da Francofonia (OIF) fundada com o objetivo de reunir falantes da língua francesa em todos os países do mundo. No Brasil, as festas oficiais da francofonia são realizadas em Brasília, mas em todo o país é possível encontrar locais para festejar, seja em cursos de idiomas, com amigos francófonos ou nas embaixadas e consulados franceses.

Allana Andrade

mercredi 2 mai 2012

Salvador e o despreparo dos supostos ‘guias turísticos’


Passear por Salvador, ir ao centro histórico, subir as ladeiras do Pelourinho. Essa ideia de passeio perfeito pode rapidamente vir por água abaixo no momento que o turista começa a caminhar e observar os casarões históricos. Vale lembrar que chamo aqui turista toda e qualquer pessoa que não viva nos bairros citados. Até mesmo um soteropolitano que por ventura estiver passando nos arredores da Praça da Sé são insistentemente importunados por vendedores dos mais diversos tipos.
Certidão emitida pela Delegacia de Turismo de Salvador-BA

Mas voltarei ao turista tradicional, que vem de outras cidades (meu caso) ou dos mais diversos países (em 2 dias vi japoneses, alemães, ingleses, norte-americanos, espanhóis e franceses...) Quanto ao pensamento deles não posso relatar, mas falo aqui com informações presenciadas e vividas por mim, meu noivo (francês) e um amigo (também francês).

Visitar o Pelourinho hoje está insustentável! Digo isso com conhecimento de causa. Das vezes que fui a Salvador sempre senti a sensação de insegurança e vulnerabilidade apesar de sempre ter uma viatura policial próxima ou circulando nas ruas. E por que esse sentimento tão ruim em um passeio que deveria encantar a todos? Exatamente pela ilusão que vemos ao redor de Salvador. A ilusão de um lugar histórico com beleza arquitetônica, mas que por muitas vezes é ofuscada pelos insistentes vendedores quer seja de fitinhas (chegam ao ponto de puxar seu braço no meio da rua – em um momento achei que era assalto! – e o pior, vende-las a preços abusivos, sim fui obrigada a adquirir a bênção do Senhor do Bomfim por 4 reais. Isso mesmo 4 reais por 9 fitinhas que você compra no Mercado modelo ao preço de 1 real!). Mas até aí tudo bem, não vou fazer conta de 3 reais.

O que eu vou relatar agora é o que me faz realmente escrever esse texto. Vulnerabilidade, medo, angústia, despreparo, decepção e raiva. Esses são apenas alguns dos sentimentos que passamos (eu, meu noivo e amigo) ontem por volta das 15h30. Estávamos retornando da Praça Castro Alves (havia um evento para comemorar o 1º de Maio) em direção ao Pelourinho (onde estávamos hospedados). No momento em que passamos pela metade da ladeira fomos abordados por alguém que se dizia guia turístico. Recusamos o pacote turístico, até porque em menos de 4 horas retornaríamos a Aracaju, foi então que veio a triste surpresa. Quando meu noivo disse ‘não obrigado’ o guia resolveu insistir de forma abusiva e então dissemos ‘por favor, nos deixe tranquilos’. Neste momento o guia simplesmente surtou (esse foi o pensamento que tive, tamanho o desequilíbrio emocional do cidadão) e começou a nos xingar e ameaçar em inglês (não me pergunte o porque da escolha deste idioma, se não nos comunicamos nesta língua!).

Continuamos sendo xingados e humilhados, mas sem responder subimos a ladeira até a Praça da Sé onde sentamos em um dos banquinhos para descansar e aguardar o horário da viagem. Eis que surge em nossas costas o guia e simplesmente continuou a nos xingar de todo tipo de palavra (em inglês) que não gostaria de repeti-las. Neste momento corri em direção a um policial que estava na praça para pedir ajuda tamanho o nervosismo que sentia. Não satisfeito com isso, o guia soltou outra ameaça "se eu encontrar você vou lhe quebrar e também seu trabalho como você quebrou o meu" e saiu em direção ao Pelourinho. 

Sem saber como agir, tivemos sorte por encontrar uma senhora (também jornalista) que passava pelo local e nos encaminhou à Delegacia de Turismo, onde registramos o ocorrido e agora aguardamos os encaminhamentos. No caminho, essa jornalista nos informou que o ‘guia’ que possui farda, crachá e todos os indicativos legais para exercer a profissão na verdade não é regulamentado. Ou seja, além de ser um cidadão comum, sem direito de guiar os turistas ele ainda se acha no direito de nos dirigir com desrespeito e ameaças.

Fica aqui registrada a minha insatisfação com relação à política instaurada em Salvador e faço as seguintes perguntas aos órgãos responsáveis:

1-      Que tipo de providência será tomada para que os turistas não mais sofram com esse tipo de situação, sabendo que das cidades que já visitei (no Brasil e no exterior) Salvador é a única, repito única, a permitir tamanho desrespeito?
2-      Já foram pensadas medidas emergenciais e educativas para que durante eventos como a Copa do Mundo, a qual espera-se milhares de turistas estrangeiros, para que incidentes abusivos como esse sejam evitados?
3-      Até quando vamos ter que suportar situações semelhantes?
4-      Se esses tipos de guias não são regulamentados, mas todos na região os conhece como ilegais, o que a secretaria de turismo de Salvador, junto com a Prefeitura e Governo do Estado estão fazendo?

Com a palavra, os representantes oficiais!

Allana Andrade

dimanche 22 avril 2012

François Hollande na frente, Nicolas Sarkozy em segundo lugar


François Hollande, do Partido Socialista, na hora de votar hoje (foto:internet)


Neste domingo 22 de abril de 2012 aconteceu na França o primeiro turno da eleição presidencial. Para vocês, aqui são as primeiras estimativas dos resultados, os dados deste turno e as primeiras reações dos candidatos.

As 20h, hora de Paris, (15h hora de Brasília) os primeiros resultados do primeiro turno forma divulgados. Sem grande surpresa os dois qualificados são François Hollande, do Partido Socialista, que recolheu 29% dos votos e o atual presidente, Nicolas Sarkozy, da União para um Movimento Popular (UMP), que ganhou a confiança de 24% dos eleitores. Eles deverão se enfrentar para um segundo turno daqui a duas semanas. O socialista apostou bem e se posiciona agora como o grande favorito, pois pode esperar atrair os apoios da maioria dos candidatos que chegaram atrás. Arnaud Montebourg, um dos braços-direitos de François Hollande afirma que o resultado do socialista é uma “verdadeira sanção contra o presidente”. Com certeza, para Nicolas Sarkozy a decepção pode ser importante frente a este segundo lugar. Enfraquecido por um balanço medíocre e a violência da crise econômica, o candidato-presidente ganhou menos votos do que as pesquisas apostavam, favorecendo a extrema-direita, e deverá convencer ainda mais os eleitores para esperar vencer.

Nicolas Sarkozy não conseguiu convencer os franceses (foto:internet) 


A verdadeira surpresa vem dos terceiro e quarto colocados desta primeira parte da corrida ao Palácio do Eliseu. Conseguindo 11,7% dos votos, Jean-Luc Mélenchon está em baixo do que as últimas pesquisas falavam. O candidato da Frente de Esquerda não chega ao terceiro lugar que ele tinha apostado, mas atinge uma percentagem recorde numa eleição presidencial. No discurso que seguiu os resultados, Jean-Luc Mélenchon anunciou que “no dia 6 de maio, vamos vencer Nicolas Sarkozy!” declarando assim seu apoio ao candidato socialista. A única a conseguir mais votos do que nas pesquisas é a candidata da Frente Nacional, Marine Le Pen. A representante da extrema-direita atinge 20,1% dos votos e se posiciona como ‘o terceiro homem’ da eleição. Esta posição confere a Marine Le Pen a possibilidade de ser o ‘juiz’ do segundo turno e pode permitir à direita representada por Nicolas Sarkozy de acreditar ainda numa vitória.

Surpresa deste primeiro turno: o resultado da Marine Le Pen soa como uma vitoria para a extrema direita (foto:intenet)


Os outros candidatos tiveram resultados menores. François Bayrou, candidato do MoDem (centro) não conseguiu o mesmo recorde do que em 2007 e atinge 8,5%. Os verdes e Eva Joly caiem a 2,5% dos votos sofrendo da total ausência da questão ecológica durante toda a campanha. Nicolas Dupont-Aignan, de Debout la République, conseguiu 1,8 %. Os dois candidatos da extrema-esquerda, Nicolas Poutou do Novo Partido Anticapitalista e Nathalie Arthaud de Luta Operaria, ganharam respetivamente 1,2% e 0,7% dos votos. Finalmente, Jacques Cheminade, de Solidarité e Progrès, conseguiu 0,2%.

A participação dos eleitores diminuiu em relação a 2007. Há 5 anos ela tinha atingido 83,5% e este ano 79,9% dos franceses, não obrigados a votar, participaram.  

Gauthier Berthélémy

samedi 21 avril 2012

Le 21 avril, jour de révolte brésilienne


Drapeau de Minas Gerais influencé par les idéaux des Lumières. Photo: Internet

L’histoire du Brésil est jalonnée par de nombreux mouvements dont la revendication était la séparation de la couronne portugaise. L’un des plus importants est sans aucun doute la Conjuration Mineira. Pour la comprendre, il suffit de remonter le temps. Au XVIIe siècle, le Brésil était une colonie portugaise, et le roi, en plus d’exercer un pouvoir absolu, maintenait un niveau d’impôts três élevé.

Dans la région du Minas Gerais, l’activité principale était l’extraction d’or, d’argent et de minéraux précieux, en particulier le diamant. Logiquement, la couronne intensifia l’imposition et interdit les activités de transformations artisanales au Brésil, sans oublier la forte taxation des produits importés de la métropole, dans un contexte d’épuisement des mines de la région.

Mais le Portugal, insatisfait par la baisse du rendement de ces dernières, institua d’autres impôts comme celui de la “derrama” qui permettait l’appropriation par la monarchie de 20% de la quantité d’or extraite du sol mineiro. Et quand elle n’était pas acquittée, les hommes de la couronne procédaient à des confiscations de biens  et d’objets en or des habitants.

En 1787-1788, la corruption de plus en plus flagrante dans la classe politique et les rumeurs d’augmentation des impôts provoquent le mécontentement des classes les plus riches. Rapidement, le pouvoir réprime tout mouvement de contestation.   

Réunion du Mouvement de Contestation. Photo: Internet

Parmi eux, la Conjuration Mineira. Elle a pour objectif de libérer le Minas Gerais de la domination portugaise pour créer un pays indépendant. Le mouvement ne se cantonne alors qu’à la région des mines car, à l’époque, les habitants du Brésil ne sentent unis par aucun sentiment patriotique. Les révoltés défendent  un modèle républicain, insprirés par les idées des Lumières et l’Indépendance nord-américaine. Même mus par ces idéaux, les conjurés ne demandent pas l’abolition de l’esclavage, notamment parce que la majorité des insurgés eux-même utilisent ce type de main-d’oeuvre.


En 1789, intellectuels, cléricaux et propriétaires fonciers décident de commencer la révolution  le jour de l’annonce de la “derrama” par les portugais. Mais, le mouvement est rapidement démantelé par la trahison de Joaquim Silvério dos Reis qui dénonce ses compagnons en échange de l’effacement de ses dettes.

Joaquim José da Silva Xavier, le Tiradentes. Photo: Internet

Parmi les insurgés trahis, on trouve Joaquim José da Silva Xavier, le Tiradentes (littéralement “le dentiste”) considéré comme un symbole de l’indépendance brésilienne, à tel point que le jour de sa mort, le 21 avril 1792, est devenu férié.  Entre autre parce qu’il a été le bouc-émissaire d’une révolte dont le caractère populaire est limité. Elle reste la manfestation d’un mécontentement de propriétaires excédés par les impôts royaux.

Si la situation actuelle ne peut se comparer à celle des années de l’indépendance, on trouve encore aujourd’hui des mouvements séparatistes au Brésil. Essentiellement concentrée dans le sud du pays, la mouvance utilise un discours critiquant la fiscalité pesant sur  les revenus générés par la région. Selon elle, ces derniers ne serviraient qu’à financer les aides sociales accordées aux plus pauvres.

Celles-ci se destinant en majorité aux populations du nord et du nordeste brésilien, il en découle une haine caractérisée du sud envers ces régions. Lors des dernières élections présidentielles, en 2010, une partie de l’électorat de la droite défaite par Dilma Rousseff avait lancé une violente campagne d’insultes destinées aux Nordestinos sur internet. Parmi les commentaires, on ressentait l’exaspération d’un sud riche face à la pauvreté des autres régions considérées comme des parasites retardant le développement du Brésil.

Allana Andrade

vendredi 13 avril 2012

E a França perde um pouco mais a memória...


Raymond Aubrac era uma dos últimos membros vivos da Resistência francesa (foto:internet)


Na madrugada de quarta-feira, na noite na qual ele costumava atuar há 60 anos, Raymond Aubrac, um dos últimos membros da Resistência francesa, partiu para outros céus. Depois de 97 anos de uma vida cheia de ação e de coragem, o que conhecia pessoalmente o famoso Jean Moulin foi encontrar seus antigos companheiros de luta e a com qual ele lidou as maiores batalhas, sua esposa, a Resistente Lucie Aubrac. Perfil ao longo da História francesa.

Na mente dos Franceses, a Segunda Guerra Mundial está ainda muito presente. Período de humilhação provocada pela rápida derrota do exército em maio de 1940 (algumas semanas foram suficientes à Wehrmacht, o exercito alemão, para destruir as defesas francesas) e pela ocupação severa de grande parte do seu território pelos nazistas, os anos 1940-1945 ficam no imaginário coletivo como um trauma importante. Frente à ocupação, uma parte dos franceses decidiu esperar, outra parte achou na presença nazista uma oportunidade para os negócios ou para assumir publicamente a sua raiva contra os Judeus ou os comunistas. Rapidamente se instalou na França um Estado totalmente dedicado à colaboração com o poder nazista.

No dia 18 de junho de 1940, o Général de Gaulle, membro do exercito francês no exílio em Londres, fez uma chamada desesperada no radio inglês. Nela, ele pedia aos franceses que conseguiam ouvi-lo e que queria resistir à tirania nazista se juntar a ele para organizar a libertação do Hexágono. Poucos meses depois, milhares de franceses atravessaram clandestinamente o canal da Manche de avião ou de barco para formar as Forças Francesas Livres.

Mas no território francês, os que não foram para Londres não deixaram de participar. Formaram grupos de ação escondidos para complicar os planos nazistas. Foi o caso do Raymond Aubrac. Depois da derrota militar, ele se instala em Lyon com a sua esposa. Em 1941, eles criam a seção do movimento Libération-Sud na cidade. Mostrando uma verdadeira vontade e uma organização quase militar, o casal escapa várias vezes aos nazistas e à polícia francesa ao serviço do poder colaboracionista. Documentos falsos, ação de sabotagem, transmissão de informação em Londres ou ajuda de aviadores ingleses em missão fazem parte do cotidiano de Lucie e Raymond Aubrac. Mas, em 21 de junho de 1943, algumas semanas depois da criação do Conselho Nacional da Resistência, enquanto os membros do grupo de Lyon se reuniam com Jean Moulin, o representante de Charles de Gaulle era procurado pelos serviços nazistas. No inicio da tarde, os homens da Gestapo, informados por traidores, entram na sala e prenderam os participantes.

Jean Moulin, um dos símbolos da Resistência (foto: internet) 


Todos são transferidos para a sede da Gestapo em Lyon, na avenida Berthelot onde hoje está o Museu da Resistência e da Deportação. La, eles foram interrogados e torturados por Klaus Barbie e seus homens. Jean Moulin morreu sem falar. Este último ato de coragem o tornou o símbolo do esforço das Forças Francesas Livres para libertar a França. Raymond Aubrac conseguiu escapar graças à força e à coragem da sua esposa que organizou sozinha a fuga do seu marido e de 14 outros Resistentes. O episódio inspirou um filme chamado 'Lucie Aubrac'.

Raymond e Lucie Aubrac, unidos tanto na vida como no campo de batalha (foto:internet)


Depois da Libertação do país, Raymond se tornou membro ativo do Partido Comunista e ocupou cargos importantes para a reconstrução da França. Sua formação em engenharia civil foi útil para o novo governo pós-guerra. Amigo de Hô-Chi-Minh, ele foi um dos negociadores entre os Estados Unidos e a rebelião Viet durante a guerra do Vietnã.

Nos últimos anos da sua vida, Raymond Aubrac percorria a França para falar da Resistência e das suas heranças: o sistema social, a saúde e a educação pública e gratuita, a criação da aposentadoria e a grande maioria das medidas sociais existentes atualmente no Hexágono. Em 2009, ele se juntava a Stéphane Hessel e Edgar Morin, outros Resistentes, para fazer a “Chamada à Juventude” para denunciar as ameaças feitas a esses progressos sociais. Na ultima quarta-feira, Raymond Aubrac reencontrou Lucie. Com ele, uma parte da memória, testemunha das horas escuras do país, da força e da justiça social francesas se foram. 

Gauthier Berthélémy

dimanche 8 avril 2012

Joyeuse Pâques e Feliz Páscoa!!


Crianças 'caçando' ovos de Páscoa na França / Enfants à la chasse aux oeufs de Pâques (foto:internet)


A Páscoa, por ser uma celebração cristã, é comemorada também na França. Mas, no Hexágono, as tradições são um pouco diferente do que no Brasil. Aproveitamos deste feriadão para viajar do outro lado do oceano Atlântico. / Pâques, grande célébration chrétienne, est aussi commémorée au Brésil. Mais, au pays de la Samba, les traditions sont un peu différentes qu'en France. Profitons de ce weekend prolongé pour voyager de l'autre côté de l'Atlantique.

Na França 

Se o feriado brasileiro começa na quinta-feira ao meio dia e termina no domingo à noite, os Franceses têm o direito de se descansar só a partir de sexta-feira à noite para aproveitar na segunda-feira de Pascoa, que é o único dia feriado da festa cristã.  

Menos religiosa, a tradição de comer chocolate até explodir o fígado é também seguida na França. Quem duvidava que os Franceses também pudessem ser gulosos, hein? Como no Brasil, na Alsácia (região do leste da França) são os coelhinhos da Pascoa que vêm trazer os ovinhos para as crianças... e os adultos, claro. Mas, geralmente, são os sinos que fazem este favor aos comedores de doces marrons. Por que os sinos? Na França, tradicionalmente, os sinos das igrejas chamam todos os dias o povo para a missa. Mas da Sexta-feira Santa até o domingo à noite, eles se tornam mudos em memória ao sacrifício de Jesus Cristo. Esses sinos aproveitam do silêncio para passar pelos jardins franceses e depositar os deliciosos ovinhos de Páscoa voltando de Roma, onde elas foram abençoadas pelo Papa. Domingo cedinho, as crianças se acordam e correm diretamente ao jardim para recolher o tesouro achocolatado em forma de ovos, coelhos, pintos ou galinhas.

A omelete gigante de Bessières, uma tradição que dá apetite (foto: internet)

Cada ano, prefeituras organizam ‘caças aos ovos’ nos jardins públicos ou outras manifestações para celebrar a Páscoa. Outras ideias engraçadas saíram da cabeça de Franceses, como os habitantes de Bessières no Sul da França que fazem cada Segunda-feira de Pascoa uma omelete gigante que precisa de mais de 15000 ovos! Em outras cidades, procissões, feiras ou festas animam o feriado. Na Segunda-feira, as famílias se reúnem para um almoço ou um jantar no qual o prato principal é feito de carneiro, a carne tradicional da Pascoa. 

Au Brésil

Au Brésil, les commémorations commencent le jeudi, jour où Jésus fit son dernier repas avec les apôtres et le rituel du lavement des pieds (où Il, dans un geste d’humilité, s’est agenouillé aux pieds de ses disciples et les lava pour montrer l’égalité). Le soir même, Judas trahissait Jésus et les soldats le capturaient.  

Le vendredi est un jour de réflexion et de prière pour les catholiques car il symbolise l’agonie du Christ sur la Croix. À cette occasion, personne ne consomme de viande rouge et les Brésiliens préparent des plats à base de poisson, le plus courant étant la morue. À quinze heure commencent des célébrations à l’église et en soirée ont lieu dans plusieurs villes du pays des représentations grandeur nature de la Passion du Christ. La plus célèbre d’entre elles se déroule à Nova Jerusalem, dans le Pernambouc.

La Passion du Christ à Nova Jerusalem (PE), une communion catholique grandeur nature (foto: internet)

Le samedi est appelé ‘Samedi de l’Aleluia’ et est le jour des grandes messes, plus longues que d’habitude, montrant la souffrance de Marie, mère de Jésus. Dans de nombreuses villes, on procède à la crémation de Judas, le disciple traitre. Pour cela, les Brésiliens confectionnent des bons hommes en mousse qui sont frappés et brûlés par la foule. De nos jours, il n’est pas rare de voir ces figurines affublées du visages de politiques, acteurs ou autres personnes que la population ne porte pas dans son coeur.

Et le dimanche est le jour le plus attendu par les enfants... Il est dédié à une seule activité: manger du chocolat. Les oeufs de tout types et de toutes formes sont déposés par les lapins de Pâques.

Allana Andrade et Gauthier Berthélémy 




mardi 3 avril 2012

Le Brésil bientôt sur vos écrans


Le Brésil, un pays de plus en plus amateur de salles obscures (illustration internet)

Avec près de 144 millions d’entrées dans les salles obscures et 98 films nationaux présentés au public, le cinéma brésilien a vécu une année 2011 de qualité. L’an dernier a été celui de tous les records puisque les billeteries ont récolté la coquette somme de 1,44 milliards de reais (soit 600 millions d’euros environ) permettant au Brésil de se placer parmi les marchés cinématographiques les plus importants du monde. Mais, si les résultats sont au beau fixe, on note toutefois une baisse de régime pour les films brésiliens dont les entrées ont subi une chute de 30% par rapport à 2010 et atteignent difficilement le chiffre de 18 millions*. Eduardo Valente, responsable des relations internationales de l’Agence Nationale du Cinéma (Ancine) revient sur l'évolution du cinéma brasileiro et nous expose sa vision du 7e Art national.

Eduardo Valente, responsable des relations internationales de l'Ancine (photo: archive personnelle)

Eduardo, au début de chaque film brésilien apparait le nom de l’Ancine. Quelle est sa fonction?
L’Ancine est responsable de la réglementation de l’audiovisuel indépendant brésilien à chaque étape de la chaîne, de la production à la présentation en passant par la distribution. Elle prend également en charge la gestion des investissements fédéraux soit à travers des lois incitatives soit par des financements directs. Sa fonction est similaire, avec quelques différences près, à celle du CNC (ndlr Centre National de la Cinématographie) en France.

Le cinéma brésilien a une identité propre. Comment la définiriez-vous?
Le cinéma brésilien a une longue histoire de plus de 100 ans. Il serait donc réducteur de dire qu’il possède à peine une identité puisqu’il en a plusieurs bien distinctes. Bien sûr, il a de grands noms dans son histoire et des moments plus marquants que d’autres, comme toutes les autres activités culturelles du pays (musique, théâtre, littérature). Mais je pense qu’il est impossible de le définir en quelques phrases.

Le cinéma national a-t-il toujours été ainsi? On peut penser à l’influence du voisin américain…
Je ne pense pas que le cinéma américain soit la principale influence du cinéma brésilien bien qu’il soit énormément présent dans l’imaginaire du spectateur. D’ailleurs, certains des mouvements les plus connus au Brésil (comme la Chancada dans les années 40/50 ou le Cinema Novo des années 60 et 70) se caractérisent par la parodie ou la confrontation aux formes du cinéma américain. Le cinéma brésilien vit avec le cinéma américain une relation complexe faite d’admiration mais aussi de contestation.

La production brésilienne est-elle homogène ou certains centres sont-ils plus productifs que d’autres dans le pays?
 La production n’a rien d’homogène, ni dans sa forme ni dans sa distribution. Historiquement, la production a toujours été concentrée dans les deux principaux centres urbains du pays que sont Rio de Janeiro et São Paulo. Mais avec la diminution des coûts de production due à l’émergence des technologies digitales, la production s’est développée dans l’ensemble du pays. Aujourd’hui, d’autres États comptent parmi les grands producteurs comme le Minas Gerais, le Pernambouc, le Rio Grande do Sul, le Ceará ou encore Brasília.

Comment expliquer le récent succès du cinéma brésilien à l’étranger? On peut penser à Tropa de Elite ou aux productions locales comme le court-métrage sergipano Do outro lado do Rio...
Ces quinze dernières années, la production brésilienne a beaucoup augmenté en quantité  mais a aussi grandi en qualité. L’Ancine a fait l’effort de multiplier les possibilités de financement et a participé à l’internationalisation de la production en travaillant avec des festivals et des programmes d’exportation. Tout cela a permis au cinéma brésilien de renforcer sa présence à l’étranger.

Ce succès est-il le même au niveau national ou le public brésilien préfère-t-il encore les productions nord-américaines?
Le cinéma brésilien a représenté 15 à 20% du marché des salles de cinéma ces dernières années au Brésil. Cela indique une croissance et une solidification comme le montre l’énorme succès de Tropa de Elite 2 qui est le deuxième plus gros nombre d’entrées de l’histoire, après Titanic. Pour nous, c’est une victoire mais il peut encore grandir. Pour cela, il a besoin de plus de films à grands succès. Comme beaucoup d’autres dans le monde, le public brésilien a une relation historique avec le cinéma américain qui s’est imposé sur les marchés, conditionnant et habituant le spectateur à son modèle. Le changement de ce paradigme est long. 

Qu’en est-il des politiques publiques qui tentent de stimuler le cinéma brésilien?
De nos jours, le Brésil possède une politique consistante et évolutive pour le secteur. Elle se compose de nombreux mécanismes de financement, d’un travail constant dans les champs de la distribution et de la diffusion au-delà de la télévision et des nouveaux médias. Dans ce sens, l’Ancine a été essentielle pour créer une culture de participation active du gouvernement brésilien. Celle-ci doit s’adapter aux nécessités actuelles que nous voyons. Nous espèrons que cette évolution puisse continuer dans les prochaines années. 


*Toutes les données sont issues du rapport annuel de l'Ancine sur l'activité cinématographique brésilienne.

Propos recueillis et traduits par Gauthier Berthélémy

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